Pour le succès des armes de la France

Le 2 décembre 1805, dans la brume matinale, quatre colonnes d’infanterie et de cavalerie austro-russes attaquent, entre les villages de Telnitz et Sokolnitz, dans le but d’envelopper l’armée de l’empereur Napoléon Bonaparte sur son flanc sud, qui semble dégarni. Mais ces troupes ont la surprise de se heurter au 3e corps de Davout, arrivé à marche forcée depuis Vienne pour renforcer l’aile droite française. Ce manque d’anticipation des austro-russes, qui les conduit à affaiblir le centre de leur armée, sur le plateau de Pratzen, facilite la victoire de l’empereur à Austerlitz.

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Pour Frédéric Jordan, cet exemple illustre l’un des principes majeurs permettant de vaincre à la guerre : la liberté d’action, qui passe notamment par l’initiative et l’audace[1]. Saint-cyrien, breveté de l’Ecole de guerre, auteur d’ouvrages et d’articles consacrés à l’histoire militaire[2], Frédéric Jordan propose de revenir aux « fondamentaux d’une culture de la victoire »[3]. Centré sur la tactique, définie comme « la confrontation armée sur le terrain, au plus près de l’ennemi et du milieu »[4], son livre embrasse tous les domaines du combat (terrestre, aérien, naval, contre-insurrectionnel, urbain). Comme son titre le rappelle, Pour le succès des armes de la France[5] est aussi l’œuvre d’un praticien de la guerre, qui a notamment été déployé dans la bande sahélo-saharienne en 2014 et en Irak en 2017-2018[6]. En treize chapitres, Frédéric Jordan propose donc une approche à la fois théorique, historique et pratique de la tactique militaire. Après avoir défini les grands principes permettant de « concevoir, préparer, conduire puis exploiter un plan de campagne ou une manœuvre sur le champ de bataille »[7], il s’intéresse aux transformations contemporaines de la guerre et préconise plusieurs adaptations pour les armées françaises.

La tactique militaire : quatre principes majeurs s’appuyant sur neuf principes logistiques

Pour Frédéric Jordan, « le combat s’appuie sur des concepts théoriques qui doivent constituer un socle, un garde-fou à valeur universelle afin d’évaluer la pertinence d’un plan ou d’une manœuvre, que ce soit dans sa préparation, son exécution ou son exploitation »[8]. Considérant que la présentation des principes tactiques dans les documents de doctrine des armées françaises est devenue confuse[9], l’auteur propose de revenir à des « principes simples et pragmatiques »[10]. Il définit donc quatre principes majeurs : la liberté d’action, l’économie des forces, la concentration des efforts, et la foudroyance. La liberté d’action consiste à garder l’initiative et à imposer le rythme de l’action. Elle repose notamment sur la sûreté (qui consiste à se protéger et se dissimuler), sur la prévision et l’anticipation et sur l’emploi de réserves. L’oubli de ces éléments conduit immanquablement à la défaite, du consul Flamininus s’engageant dans le vallon du lac de Trasimène sans déceler l’embuscade d’Hannibal en 217 avant notre ère[11] aux avions français surpris par les batteries anti-aériennes allemandes autour de Sedan en 1940[12]. La liberté d’action suppose également de savoir prendre l’ascendant sur l’adversaire en faisant preuve d’initiative et d’audace. Prendre des risques, c’est, à l’exemple du général William Slim, commandant de la 14e armée britannique en Birmanie de 1943 à 1945, accepter qu’une force de combat dépende essentiellement du ravitaillement par air pour opérer dans la profondeur, sur les arrières de l’armée japonaise[13]. Pour vaincre, le tacticien doit aussi respecter le principe de l’économie des forces, qui permet de conduire l’action dans la durée en jouant sur la combinaison et l’adaptation de ses capacités à l’évolution de la situation. Il doit également concentrer ses efforts, ce qui ne signifie pas seulement focaliser l’action sur un seul objectif du champ de bataille (concentration des forces) mais plutôt frapper le centre de gravité adverse en combinant plusieurs actions dans la durée[14]. Enfin, la victoire peut être obtenue en cultivant le principe de foudroyance qui a pour but de désorganiser physiquement et moralement l’adversaire en créant un effet de sidération par la surprise, la puissance de feu, la manœuvre dans la profondeur ou la saisie d’objectifs stratégiques[15]. Toutefois, comme le souligne Frédéric Jordan, vaincre, c’est également « disposer d’une logistique adaptée aux opérations »[16]. Parmi les neuf principes qui sous-tendent l’organisation logistique, le tacticien doit notamment veiller à anticiper les besoins logistiques dès la conception des plans d’opération. Le soutien des troupes dans la durée peut être assuré en mettant en place une organisation logistique centralisée mais flexible dont le but doit être « l’allègement de l’avant » : « la logistique doit être la plus proche possible de la ligne des contacts » rappelle Frédéric Jordan, citant l’exemple des ateliers de maintenance avancés allemands permettant de réengager 60% des chars endommagés durant la bataille de Koursk à l’été 1943[17]. Les différents principes tactiques proposés se révèlent « pérennes » au cours de l’histoire et présentent l’intérêt d’être « à la fois contraignants et ouverts, afin de laisser libre cours au génie de celui qui conçoit la manœuvre tout en lui offrant un cadre censé le préserver des fautes militaires majeures »[18]

Adapter la société et les armées françaises aux transformations de la guerre

Pour Frédéric Jordan, respecter les principes tactiques ne doit pas surtout pas conduire à des doctrines figées. Bien au contraire, maintenir une culture de la victoire suppose de « critiquer et d’améliorer avec la volonté d’innover et d’imaginer »[19] pour s’adapter sans cesse aux évolutions du contexte stratégique. En ce début du XXIe siècle, les armées françaises sont justement confrontées à de nombreux défis : la « technolâtrie »[20] et le « mirage du tout offensif »[21] ont ainsi conduit à des impasses dans les guerres asymétriques. Dans ces conflits, en Afghanistan ou en Irak, les combattants irréguliers ont attiré les forces régulières dans les montagnes ou les zones urbaines, autant de « milieux complexes » qui constituent des « égalisateurs de puissance »[22]. Le recours à des forces supplétives formées, conseillées et appuyées par les armées occidentales (« proxy war », « partenariat militaire opérationnel »[23]) a également montré ses limites, les troupes locales suivant parfois un agenda particulier ou manquant de légitimité. En outre, les forces militaires occidentales, « au format de plus en plus réduit au regard des contraintes démographiques, financières et sociologiques des pays développés »[24] ne peuvent mener ces guerres lointaines dans la durée. Elles sont en effet soumises à des décisions politiques de retrait prises en fonction d’un calcul coûts-avantages en rupture avec les réalités opérationnelles[25]. Simultanément, les armées françaises doivent faire face à la montée en puissance de nouveaux adversaires, « au mieux conventionnels, souvent hybrides »[26]. La Chine ou la Russie, par exemple, déploient des arsenaux peu onéreux mais pléthoriques permettant des tirs de saturation visant à limiter les possibilités d’actions aériennes et navales et de déploiement de forces aéroterrestres sur un théâtre d’opérations (stratégie de déni d’accès)[27]. Au-delà du renforcement de leurs forces conventionnelles, ces Etats sont capables de déstabiliser des gouvernements ou des sociétés en recourant à des actions de désinformation, en créant des foyers de tension ou en isolant les adversaires de leurs alliés. Dans les guerres à venir, prédit Frédéric Jordan, « tous les environnements seront touchés par la conflictualité »[28] et il faut se préparer au retour d’engagements de « haute intensité »[29].

Face à ces évolutions, Frédéric Jordan préconise de nombreuses adaptations, tant en ce qui concerne la préparation de la société et des armées, qu’en ce qui concerne l’organisation des forces et la conduite des opérations.

Délaissant le seul champ de la tactique, l’auteur considère en effet qu’il est indispensable de renforcer le patriotisme de la société française. Il propose de développer les collèges et lycées militaires offrant « une discipline et des valeurs proches de celles des armées d’active »[30], de créer des aides pour les étudiants ou les jeunes sans formation, conditionnées à un engagement dans la réserve opérationnelle[31]. Pour répondre à d’éventuels besoins imprévus, il envisage la formation de cadres civils aux fonctions d’état-major et de techniciens-armement dans l’industrie[32]. Pour vaincre, la culture de la victoire doit être entretenue : « n’ayons plus peur de fêter la victoire, de la commémorer »[33]. En ce qui concerne la préparation des armées, Frédéric Jordan recommande de renforcer l’enseignement de l’histoire, de concevoir des exercices en école centrés sur les adversaires potentiels actuels[34] et de décloisonner les spécialités en affectant les officiers supérieurs et brevetés dans des unités ou des états-majors autres que ceux correspondant à leur spécialité d’origine[35]. Pour rendre les armées plus « apprenantes », il souhaite la mise en place d’ateliers connectés à l’industrie et aux thinks tanks civils et la possibilité pour les officiers de publier sans contrainte[36]. Enfin, il suggère de mieux prendre en compte les « facteurs culturels » en constituant notamment des « red cells » (« cellules rouges ») d’officiers qui seraient spécialisés dans la connaissance d’un belligérant et dans la recherche de ses points faibles socio-culturels[37].

En ce qui concerne l’organisation des forces, Frédéric Jordan souhaite que soit défini « un seuil critique quantitatif »[38] pour les armées en mettant particulièrement l’accent sur le renforcement des capacités de défense surface-air, anti-drone, anti-sous-marine et dans le domaine cyber. Il suggère de « ne pas renoncer à la masse pour des armements uniquement considérés comme supérieurs technologiquement »[39]. La protection des forces et de leurs bases doit également constituer une priorité. A l’échelon tactique, Frédéric Jordan défend vigoureusement le principe des unités interarmées dotées d’appuis intégrés[40]. Pour lui, les stratégies de déni d’accès risquent de précipiter le déclin du dogme de la suprématie aérienne. Dans ce contexte, il lui paraît indispensable de renforcer les appuis-feux au sol en intégrant des modules d’artillerie dans les unités interarmes[41].

En matière d’opérations, Frédéric Jordan propose de concevoir des engagements contre-insurrectionnels plus courts mais plus intenses afin d’empêcher les combattants irréguliers de reconstituer leurs forces[42]. Pour « façonner le champ de bataille », il faut cloisonner l’adversaire en empêchant les communications entre les forces adverses. Frédéric Jordan insiste particulièrement sur le rôle fondamental de la « marche à l’ennemi »[43] et de la manœuvre pour débuter et mener le combat dans les meilleures conditions. La maîtrise du temps étant essentielle, il faut selon lui faire de la « chrono-tactique » un « principe militaire à part entière »[44]. Enfin, pour l’auteur, « la guerre-éclair, plus qu’une volonté des militaires, est devenue un enjeu stratégique »[45] : dans le contexte de « sociétés pressées d’obtenir des résultats et soucieuses d’économiser les deniers publics »[46], les armées doivent s’organiser pour vaincre rapidement. Cela suppose de développer l’autonomie des chefs opérationnels, en évitant que la numérisation du champ de bataille ne conduise les chefs stratégiques à contrôler « jusqu’aux pions tactiques les plus petits »[47]. Dans le contexte de l’hybridation des conflits, l’auteur plaide enfin pour une « Maskirovka[48] à la française »[49] visant à déstabiliser l’adversaire par des manœuvres militaires impromptues et par une « utilisation plus efficace et décomplexée des moyens numériques, des relais d’opinion, des réseaux sociaux et des images »[50].

Ce bref aperçu ne saurait rendre compte d’un ouvrage dense et touffu qui appelle cependant quelques commentaires sur le fond et sur la forme.

Se fixant pour objectif de réduire les principes tactiques à l’essentiel, à rebours des listes britannique ou américaine qui comptent jusqu’à dix principes tactiques[51], Frédéric Jordan aboutit tout de même à treize principes[52]. Au-delà de ce nombre, assez anecdotique au demeurant, le lecteur non spécialiste peine pourtant à repérer les nuances séparant les principes tactiques. La surprise, qui résulte de l’application du principe de la liberté d’action est-elle ainsi différente de la surprise produite par la mise en œuvre du principe de foudroyance ? L’anticipation ou la modularité ont-elles un sens différent selon qu’elles concernent les principes majeurs de la tactique ou les principes logistiques ?

Le sentiment d’une redondance de certains principes, qui peut d’ailleurs avoir la vertu d’obliger le tacticien à se poser les mêmes questions sous un angle différent, est renforcé par l’utilisation des exemples historiques. En effet, les mêmes exemples peuvent servir à illustrer des principes ou des sous-principes différents, ce qui conduit à s’interroger sur l’intérêt de les différencier. Ainsi, l’utilisation de porte-chars par l’armée israélienne en 1973 est censé prouver simultanément le caractère indispensable des réserves pour préserver le principe de liberté d’action et l’importance de l’allègement de l’avant, principe logistique[53]. La volonté de recourir à l’histoire est louable mais, trop souvent, l’auteur remplace l’étude de cas approfondie par l’accumulation d’exemples historiques peu détaillés, au risque d’approximations[54]. Evoquer les « hameaux stratégiques »[55] sans souligner leurs limites dans la lutte contre-insurrectionnelle ou s’appuyer sur les déclarations du général Westmorland dénonçant le manque d’engagement de la nation pour expliquer la défaite des Etats-Unis au Vietnam[56] apparaît pour le moins réducteur. L’auteur est pétri d’une culture stratégique et historique incontestable, mais sa volonté de tout synthétiser, notamment dans les chapitres sur la pensée tactique et sur l’évolution du combat, le conduit parfois à des présentations trop schématiques et à des affirmations insuffisamment argumentées.

Les multiples propositions qui jalonnent l’ouvrage sont stimulantes mais, là encore, manquent souvent d’approfondissement. A titre d’exemple, Frédéric Jordan soutient que la création de collèges et de lycées militaires permettra de familiariser davantage de jeunes avec l’armée. On pourrait objecter que ce type d’établissement ne concernerait de toute façon qu’une minorité, alors qu’un renforcement de la place consacrée à la défense dans les programmes de l’enseignement général permettrait de toucher tous les élèves scolarisés, et à moindre coût. Dans la même perspective, l’idée de conduire des opérations de contre-insurrection plus courtes, mais plus denses et plus brutales, en s’inspirant notamment des écrits de Charles Callwell[57], oublie que les victoires obtenues de cette manière dans les conflits coloniaux ont souvent débouché sur des paix fragiles et brèves[58].

Ces remarques, n’enlèvent rien à l’intérêt du livre de Frédéric Jordan qui s’inscrit dans la tradition, récemment renouvelée, des écrits militaires d’officiers supérieurs. Son livre propose en effet une immersion très intéressante dans les permanences et les mutations de la tactique militaire. En outre, les réflexions d’un officier d’artillerie, plusieurs fois engagé à l’extérieur, permettent de bien appréhender les tensions entre armées et entre spécialités, à l’heure des choix organisationnels et budgétaires qui s’imposent pour renforcer l’interarmisation, que l’auteur juge essentielle… Pour le succès des armes de la France.

Olivier Gomez, Professeur d’histoire-géographie en lycée (Seine-Saint-Denis), Doctorant en sociologie à l’Université de Lille – CLERSE

[1] Jordan Frédéric, Pour le succès des armes de la France, Paris, Economica, 2020,  p.150

[2] Frédéric Jordan anime également un blog d’histoire militaire très riche, l’écho du champ de bataille, ou près de 400 billets ont été publiés depuis 2011 : http://lechoduchampdebataille.blogspot.com/

[3] Jordan Frédéric, op.cit., p.7

[4] Jordan Frédéric, op.cit., p.14

[5] « Pour le succès des armes de la France » est la formule d’usage utilisée par les officiers lors de leur discours de prise de commandement – Jordan Frédéric, op.cit., p.3

[6] Frédéric Jordan a dirigé le groupement tactique interarmes (GTIA) Koufra dans le cadre de l’opération Barkhane en 2014. Il a également commandé pendant 5 mois, en 2017-2018, les éléments d’artillerie déployés en Irak contre l’Etat islamique (Task Force Wagram).

[7] Jordan Frédéric, op.cit., p.47

[8] Jordan Frédéric, op.cit., p.50

[9] Jordan Frédéric, op.cit, p.51

[10] Jordan Frédéric, op.cit., p.52

[11] Jordan Frédéric, op.cit., p.54

[12] Jordan Frédéric, op.cit., p.56

[13] Jordan Frédéric, op.cit., p.150

[14] Jordan Frédéric, op.cit., p.62

[15] Jordan Frédéric, op.cit., p.62-63

[16] Jordan Frédéric, op.cit., p.65

[17] Jordan Frédéric, op.cit., p.71

[18] Jordan Frédéric, op.cit., p.49

[19] Jordan Frédéric, op.cit., p.7

[20] Jordan Frédéric, op.cit., p.129

[21] Jordan Frédéric, op.cit., p.133

[22] Jordan Frédéric, op.cit., p. 63 et 129

[23] Jordan Frédéric, op.cit., p.9

[24] Jordan Frédéric, op.cit., p.128

[25] Jordan Frédéric, op.cit., p.184

[26] Jordan Frédéric, op.cit., p.10-11

[27] Jordan Frédéric, op.cit., p.196

[28] Jordan Frédéric, op.cit., p.11

[29] Jordan Frédéric, op.cit., p.40

[30] Jordan Frédéric, op.cit., p.114

[31] Jordan Frédéric, op.cit., p.115

[32] Jordan Frédéric, op.cit., p.116

[33] Jordan Frédéric, op.cit. p.194

[34] Jordan Frédéric, op.cit., p. 82

[35] Jordan Frédéric, op.cit., p.113

[36] Jordan Frédéric, op.cit., p.116 et 141

[37] Jordan Frédéric, op.cit., p.82

[38] Jordan Frédéric, op.cit., p.114 et p.11 (« masse critique minimum »)

[39] Jordan Frédéric, op.cit., p.199

[40] Jordan Frédéric, op.cit., p.172-176

[41] Jordan Frédéric, op.cit., p.180-182 et 209

[42] Jordan Frédéric, op.cit., p.83

[43] Jordan Frédéric, op.cit., p.127

[44] Jordan Frédéric, op.cit., p.156

[45] Jordan Frédéric, op.cit., p.140

[46] Jordan Frédéric, op.cit., p.99

[47] Jordan Frédéric, op.cit., p.201

[48] Maskirovka, mot russe désignant le « camouflage », est le terme utilisé pour nommer les tactiques de désinformation et de dissimulation développées dans les manuels d’instruction de l’Armée rouge à partir de la fin des années 1920.

[49] Jordan Frédéric, op.cit., p.143

[50] Jordan Frédéric, op.cit., p.141

[51] Jordan Frédéric, op.cit., p.53

[52] Lecointre François, in Jordan Frédéric, op.cit., p.VII

[53] Jordan Frédéric, op.cit., p.57 et 71 – Dans la même perspective, le manque de prévision du ravitaillement en essence par l’armée allemande en 1944 durant la bataille des Ardennes sert à prouver simultanément l’importance des sous-principes de combinaison des moyens et d’emploi des réserves. Certains exemples historiques, censés prouver la validité d’un principe tactique, sont mis en avant alors même que la bataille s’est soldée par une défaite : le ravitaillement par air de Kut-el-Amara , utilisé pour justifier le principe logistique d’allègement de l’avant, n’a ainsi pas empêché la reddition de 13 000 soldats britanniques aux Ottomans en avril 1916

[54] Les trières grecques de la bataille de Salamine (480 avant notre ère) sont ainsi considérées comme relevant de la période « hellénistique », dont le début est en général fixé aux conquêtes d’Alexandre le Grand (356-323 avant notre ère) – Jordan Frédéric, op.cit., p.74). Le général byzantin Nicéphore Phocas (912-969) est cité dans un paragraphe consacré à l’Antiquité (Jordan Frédéric, op.cit., p.89). Le récit de la bataille de Bouvines, centré sur « l’attaque téméraire » (Jordan Frédéric, op.cit., p.58) du chef germanique par les chevaliers du roi de France oublie que Philippe-Auguste subit le même type d’attaque, et est même projeté au sol, l’objectif tactique des chevaliers des deux camps étant de s’emparer du roi adverse. Le passage sur l’Armée rouge de l’entre-deux guerres oublie de mentionner les purges des années 1930, résumées par un euphémisme (« atmosphère totalitariste »). Quant à l’avion d’attaque au sol Stormovik, son prototype ne vole que le 30 décembre 1939 et en juin 1941, moins de 250 exemplaires ont été produits, le programme étant très en retard sur les prévisions et ne pouvant donc être considéré comme une preuve parfaite d’anticipation des besoins de la guerre par les responsables de l’armée rouge (Jordan Frédéric, op.cit., p. 108). Quelques maladresses d’expression ou coquilles ont en outre malheureusement échappé à la relecture : p.86, 130, 133, 158, 204.

[55] Jordan Frédéric, op.cit., p.41 et 89

[56] Jordan Frédéric, op.cit., p.188

[57] Jordan Frédéric, op.cit., p.81, 86, 130 – Charles Callwell, officier de l’armée britannique (1859-1928) est l’auteur d’un des premiers ouvrages consacré à la contre-insurrection, Small Wars: Their Principles and Practice (1896).

[58] Sur ce point, voir notamment Desportes Vincent, in Chalmin Stéphane, Gagner une guerre aujourd’hui – de la nation, de l’Etat et de ses armées, Paris, Economica, 2013, p.16

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